[APVcontact] LE MILIEU RURAL ET LE DEFI DE «Rebâtir Haïti»
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Ven 12 Mar 15:54:07 EST 2010
Cadre de Référence
Groupe de réflexion entre les acteurs du milieu rural en vue d’alimenter
les prises de décision dans le cadre d’un nouveau projet de société :
«Rebâtir Haïti»
1. Introduction
Après le 12 janvier 2010, un nouveau discours sur la «re-construction» du
pays a fait son apparition tant au sein du gouvernement et le reste de la
société que dans le milieu de la communauté internationale. Mais, si sur
le plan national ce discours est plus un fait de reconnaissance de cette
nécessité que de vision et de plan directeur devant orienter les efforts,
par contre la communauté internationale parait plus avancée dans cette
logique en allant jusqu’à chiffrer les besoins financiers. Cependant,
personne ne sait jusqu’ici ce qui est dans son agenda et sur quelle base
elle a pu chiffrer les besoins financiers. Ce qui attire déjà l’attention
est que les chiffres diffèrent d’un milieu à l’autre au sein de la
communauté internationale. Par exemple, les Nations Unis parlent de 10
milliards, tandis que la BID avance 14 milliards. En outre, l’Union
Européenne parle d’un Plan Marshall pour Haïti. Mais, malgré cette apparente
contradiction et cette guerre d’influence, le risque de voir la communauté
internationale parachuter son propre agenda est élevé à cause du retard et
du manque de leadership d’Haïti. Alors, la question qui se pose à ce stade
est de savoir si le pays peut se construire ou se reconstruire valablement
et durablement avec un plan venant des fourgons de l’étranger ?
Dans l’Haïti vieille de 206 ans, il y a de grandes constantes qui
caractérisent la réalité nationale : la domination et l’exploitation sous
différentes formes des grandes puissances internationales en complicité avec
la bourgeoisie et les dirigeants du pays ; le parachutage de plan qui
conforte les intérêts de leurs instruments de domination fonctionnant dans
une logique de maintenir le pays dans la dépendance ; le manque
d’infrastructures et la monopolisation des espaces économiques, financiers
et politiques par une minorité qui pille les ressources du pays ; la grande
disparité sociale et spatiale contribuant ainsi à alimenter les tensions
sociales, l’instabilité politique chronique et l’exode massif, etc. Durant
les 50 dernières années en particulier, des catastrophes naturelles se sont
produites presque chaque année fragilisant davantage la réalité nationale
et, du même coup, renforçant chez bon nombre d’Haïtiens l’envie de tout
abandonner et de partir. Bref, quatre (4) mots/maux résument la situation
actuelle d’Haïti : pauvreté, dépendance, corruption et fragilité. En
conséquence, d’autres questions deviennent importantes : quelle vision de
développement pour Haïti ? Selon quels principes et valeurs ? Quelle
approche devrait-on adopter pour aller à la fois bien et vite ?
La «re-construction» du pays ne doit pas se faire selon une logique de
parachutage ni reproduire le centralisme mercantile et monstrueux actuel.
Elle doit être d’abord fonction d’une nouvelle vision partagée, avec des
inputs endogènes et exogènes, qui orientera tant les actions prioritaires
que l’approche de mise en œuvre. Haïti doit entrer dans la modernité et
fonctionner avec et selon les normes. En outre, La «re-construction» du pays
doit être globale, décentralisée et intégratrice. Elle doit adresser la
problématique de l’état, des infrastructures, de l’environnement, de
l’économie et de la société globale. En ce sens, elle doit tenir compte des
données statistiques de l’IHSI, tout en accordant la meilleure attention aux
disparités entre les régions et surtout prendre en compte la dynamique des
villes et celle du milieu rural. C’est dans cet esprit qu’il parait
fondamental et urgent que le secteur paysan vienne avec sa proposition pour
le milieu rural afin d’alimenter les prises de décision, et donc pour qu’il
ne soit pas ignoré ou traité en parent pauvre comme c’est le cas depuis 206
ans.
2. Bref topo du paysage rural en Haïti
Le milieu rural est d’abord une entité spatiale dominée par un relief
montagneux avec de fortes dénivellations, et où vit de manière très
dispersée près de 60 % de la population. Il répond à un découpage
territorial administratif composé de 570 sections communales qui sont
subdivisées en habitations et celles-ci en plusieurs localités. C’est aussi
un écosystème d’altitude très diversifié, avec différents microclimats qui
font distinguer des montagnes sèches, semi-humides et humides, et qui sont à
la base d’une riche biodiversité avec des espèces animales et végétales
endémiques. Toutefois, la situation environnementale est critique, au
niveau national la couverture forestière étant évaluée à moins de 2 %.
Cette dégradation accrue de l’environnement menace de disparition cette
diversité biologique, fragilise les moyens de vie en milieu rural et pousse
à l’exode massif.
Cette volonté d’abandonner le milieu rural est aussi en résonnance avec
plusieurs autres facteurs, tels que : l’absence ou la non visibilité de
l’état, une économie moribonde dominée par une agriculture chancelante,
l’insécurité alimentaire, l’exclusion sociale, l’analphabétisme presque 2
fois plus élevé qu’en ville, une absence criante d’infrastructures sociales,
économiques et de services publics renforçant la dépendance vis-à-vis des
centres urbains, les préjugés sociaux instrumentalisés par des pratiques
discriminatoires qui bloquent l’avancement du milieu rural, et bien d’autres
aspects encore qui font dire que la pauvreté est d’abord et avant tout un
phénomène rural : 82 % de la population vivant en-dessous de la ligne de
pauvreté de US$ 2.00 par jour [Carte de la Pauvreté ; 2004, pp 12]. C’est
donc une situation de précarité extrême qui met aujourd’hui à rude épreuve
la capacité du paysan haïtien de se tenir encore debout sur le chaos. C’est
aussi paradoxal quand on sait que près de 50 % des actifs occupés (49,6 %)
dont 93,3 % en milieu rural se concentrent dans la branche «Agriculture,
sylviculture, élevage, chasse et pêche». Cela s’explique par le fait que le
milieu rural est plutôt considéré comme de généreux pourvoyeurs de
ressources naturelles, sans qu’on se préoccupe suffisamment des difficultés
de ses habitants et de l’avenir de ses écosystèmes. Bref, tout projet de
«re-construction» du pays doit prendre en compte ce dysfonctionnement et, en
conséquence, chercher par tous les moyens à le corriger. D’où l’idée de ce
plan directeur.
3. Objectif
Préparer un plan directeur indicatif pour le développement socio-économique
du monde paysan en Haïti, à faire considérer dans le plan global de
«re-construction» du pays.
4. Résultats escomptés
· Un plan directeur indicatif est élaboré de manière participative
· Les priorités établies dans ce plan directeur sont prises en
compte dans le plan global de «re-construction» du pays
· Un espace de travail entre les acteurs organisés du monde rural
est organisé et fonctionnel
· Un cadre opératoire de validation ou de légitimation et de mise en
œuvre du plan directeur est élaboré et implémenté selon une approche de
recherche-action
5. Proposition d’ordre de travail
· Définir une vision partagée (globale et spécifique pour le milieu
rural : comment voyons-nous le milieu rural haïtien dans les 10 à 20
prochaines années ?)
· Définir des principes et valeurs
· Définir un plan d’actions
· Définir un budget indicatif
· Définir une stratégie de plaidoyer et de lobbying pour faire
passer les priorités du monde paysan
· Définir un mécanisme structuro-organisationnel de mise en œuvre
(dans une logique de décentralisation et de construction de la paysannerie
comme «force organisée»)
· Structurer cet espace de travail pour continuer à alimenter la
réflexion et l’échange entre les acteurs du monde rural sur les grands
enjeux, tels que :
o Le problème agraire et cadastral
o La décentralisation et le zonage
o L’organisation de la cité
o La disponibilité alimentaire
o La dégradation environnementale
o La gouvernance politique et économique
6. Méthodologie
· Atelier de travail avec des représentants de la paysannerie et
d’autres acteurs concernés
· Validation de manière élargie des résultats avec les organisations
paysannes à travers le pays
7. Calendrier de travail
ACTIVITES
PERIODE
PRODUITS
1
Validation du document de cadrage
25 février 2010
Ø Document de cadrage approuvé
2
Identification des problèmes et priorités
4 mars 2010
Ø Déclaration du milieu rural
Ø Identification des secteurs prioritaires et clarification des grands
constats par secteur
3
Définition de la vision par secteur, identification de la stratégie et des
moyens, des résultats
16 mars 2010
Ø Plan directeur indicatif de développement local pour les 10 à 20
prochaines années
4
Validation du plan directeur + communication publique
25 mars 2010
Ø Signature d’appui au plan directeur
Ø Conférence de presse
5
Définition de cadre opératoire d’actions prioritaires à court, moyen et long
terme, et de projections financières
27 – 30 avril 2010
Ø Cadre opératoire défini à court, moyen et long terme
Ø Projection des besoins financiers
6
Définition de stratégie de plaidoyer et de lobbying
Mai - juin
Ø Un document produit et validé
7
Définition d’un mécanisme structuro-organisationnel de mise en œuvre par
section
Juillet - Août
Ø Un document de référence produit
Ø Un plan de performances pour l’année fiscale oct 10 – sept 11
Pour contact :
Abner Septembre, Sociologue, Consultant
<mailto:absept60 at yahoo.fr> absept60 at yahoo.fr / (509) 3420-2091/ 3432-6443
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